A force de croire qu’on sait tout… on finit par ne plus savoir grand-chose !

On a tendance à croire que des parents doivent tout connaitre sur l’éducation, qu’un professeur doit tout connaitre sur le bout des doigts la discipline qu’il enseigne ou encore qu’un expert doit parfaitement maîtriser son domaine. Les concernés eux-mêmes, parents, professeurs ou experts, en arrivent à croire qu’ils n’auraient pas le droit de « ne pas savoir » et qu’ils doivent avoir réponse à tout, absolument tout.

Quand vous pensez que « vous savez tout », vous vous enfermez dans une croyance qui ne sert ni votre développement, ni vos relations, ni même votre succès et voilà pourquoi :

1.Au lieu d’écouter les autres, vous êtes occupés à préparer vos réponses:

Quand, dans une conversation, une personne partage avec vous une opinion sur un sujet qui touche votre domaine de compétence, cela peut titiller votre ego. Au lieu de l’écouter et d’essayer d’en savoir davantage, votre cerveau se met automatiquement à la recherche d’une faille de raisonnement, d’un contre-exemple ou encore d’un autre angle de vue qui vous permettrait de mieux valoriser vos connaissances et votre expertise (de paraître comme une personne brillante). Certes, vous avez beaucoup à apporter autour de vous mais ceci ne doit pas vous empêcher d’écouter jusqu’au bout et sans préjugés et de valoriser l’apport de l’autre. Ce dernier n’a peut-être pas besoin d’une réponse mais seulement d’une écoute.
Vous économiserez ainsi de l’énergie et gagnerez en estime des autres.

2.Au lieu de poser des questions, vous donnez des solutions:

Quand on vous sollicite dans votre domaine de compétence, apprenez d’abord à écouter et à comprendre. Ne faites pas d’hypothèses ni de raccourcis. Ne prenez pas vos opinions pour des réalités absolues et évitez les monologues. Ce qui a toujours marché peut ne pas marcher dans cette solution particulière. Si on prend l’exemple du leader, sa vraie force vient de sa capacité à poser des questions pour comprendre le contexte spécifique dans lequel il est censé influencer son équipe. Mieux il comprendra, plus adaptée sera la solution proposée et plus facile sera l’acceptation de cette dernière et sa mise en œuvre.

3.Au lieu d’accueillir la critique, vous êtes sur la défensive:

Quand on vous fait une critique du type « Je n’ai rien compris à ce que vous dites » ou « Je ne suis pas convaincu de l’utilité de votre solution » et que la relation vous tient à cœur, essayez de comprendre « en quoi vous n’avez pas été clair ? » ou « en quoi vous n’avez pas su montrer le lien entre une situation et une solution ? ». Ceci vous permettra de cerner davantage le besoin de votre vis-à-vis. Il ne s’agit ici ni de vous ni de l’évaluation de vos
connaissances mais de votre vis-à-vis et de son besoin (non satisfait) de « comprendre » ou « d’être convaincu ». C’est à vous de faire donc un effort pour reformuler et satisfaire son besoin.

4.Au lieu d’apprendre de l’erreur, vous cherchez les failles du système:

« L’erreur est humaine » et elle est permise. Le pire qui puisse arriver est d’être dans le déni de l’erreur ou de reporter toute la responsabilité sur le système. « Ce n’est pas moi c’est eux qui ne comprennent rien », « Je le savais de toute façon mais personne ne m’a écouté ».
Reconnaissez vos erreurs et expliquez ce que vous en avez appris, ceci vous permettra de grandir et de vous attirer plus de respect et d’admiration.

5.Au lieu de s’ouvrir à d’autres possibilités, vous préférez vous raccrocher à votre zone de confort:

Celui qui ne se donne pas le droit de « ne pas savoir » a peur de sortir de sa zone de maîtrise. Il va donc éviter de s’exposer aux situations déstabilisantes et prendra moins de risques. Or c’est dans la zone d’inconfort que se développe l’apprentissage, on explore des nouvelles manières de penser et d’être qui peuvent venir challenger nos acquis et enrichir nos connaissances. Soyez tantôt le sachant tantôt l’apprenant, vous développerez votre lucidité et servirez mieux votre cercle d’influence.

Je dis souvent aux enfants que même les adultes se trompent et apprennent de leurs erreurs. Si les adultes sont mis sur un piédestal, les enfants penseront qu’une fois adultes, ils n’auront pas droit à l’erreur et chaque échec à l’âge adulte pourrait alors fortement impacter leur estime d’eux-mêmes. Il en est de même pour le binôme collaborateur/manager.
Si vous pensez que « vous savez tout », vous finirez par vous couper des opportunités de développement et freinerez votre propre évolution. Socrate disait « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Et si vous vous exercez à partir d’aujourd’hui à dire que « vous ne savez rien avec certitude », vous serez certainement dans une posture bien plus confortable et apprendrez davantage.

Souad ANNABI HAJJAM l Consultante Senior et Executive Coach l Project Leader et Coach, l’Artiste C’est Moi l souad.annabi-hajjam@groupe-ppm.com l www.lartistecestmoi.com

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